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C’est dans une société qui s’effondre et qui m’effondre
où il semble impossible de se faire une place, que je cherche
à utiliser mon corps à travers l’articulation de ma voix et de
mes membres pour révéler une quête, une perte ou encore une
bribe de moi. Cette perpétuelle évolution identitaire qui semble
s’opérer chez l’être humain me questionne et m’échappe sans
relâche.
Je bidouille tout ce que je peux à l’aide de mon apparence,
de matériaux pauvres, de found footages, de logiciels crackés
pour aboutir en un univers à la croisée de disciplines, où mon
corps peut tout signifier.
Pour canaliser cette pulsion de vie, l’aspect multimédia
de la vidéo a été pour moi le meilleur moyen de concentrer
mes diverses expériences sensibles en une fantaisie rêvée qui
s’extirpe des couleurs grises du temps.
Mais derrière ces rêves, figure toujours le doux
cauchemar. Celui qui nous ramène d’autant plus à la réalité.
C’est en effet dans cette double optique que s’inscrit ma
pratique, d’une ambiguïté latente, provoquée entre autres
par un avatar que je matérialise à partir de performances
costumées devant un fond vert.
La culture internet à fortement contribué à construire ces alter
egos au sein de notre génération et révèlent malgré eux une
intimité vulnérable.
C’est tout en extimité que je réaffirme mon existence en
communiquant « certains éléments de [mon] monde intérieur,
mais pour mieux [me] les approprier en les intériorisant sur
un autre mode grâce aux échanges suscités. »